Chartreuse de la Verne

Collobrières


Le sanctuaire est sis en plein coeur du massif des Maures. On y accède en voiture uniquement en empruntant dans un premier temps la petite route D14 au départ de Collobrières ou de Grimaud.
Depuis Collobrières, prendre la D14, direction Grimaud / St Tropez sur 5 km puis la quitter pour une petite route à droite qui se termine devant les vieux murs de la chartreuse.

Qu'est-ce donc ?

Certains historiens pensent que la chartreuse a été construite sur les ruines d'un temple païen dédié à la déesse Laverna qui aurait précédé un autre dédié à Diane. C'est là l'une des explications qui ont été trouvées pour donner une origine plus ou moins réaliste à ce lieu.
Plus vraisemblablement, comme de nombreux établissements à travers le pays, le nom évoque son environnement. Ici la Verne viendrait du latin populaire "vernium", l'aulne. D'où la traduction N-D des Aulnes ou de l'Aulnaie. En Provençal : verno.

"J'ai fais, voici trois ans maintenant, au cœur de ce pays, une excursion aux ruines de la chartreuse de La Verne, dont j'ai gardé un inoubliable souvenir." Maupassant lui-même ne s'y était pas trompé.
Un après-midi passé en ce royaume de spiritualité et de tranquillité, isolé au cœur du massif des Maures, reste à jamais gravé dans l'esprit des visiteurs. Depuis la route qui serpente entre Grimaud et Pierrefeu, on aperçoit cette ancestrale agglomération de ruines et de bâtiments toujours habités s'avancer sur une corniche surplombant un vallon verdoyant où chante un ruisseau.

La chartreuse fut fondée en 1170 par les évêques de Toulon et de Fréjus (à la frontière entre les deux évêchés) sur l'emplacement d'un ancien prieuré, lequel avait succédé à un temple dédié à Diane. Rapidement le domaine gagna en superficie grâce à des donations en échange d'oraisons, permettant ainsi aux moines de vivre de la culture et de l'élevage. Ils obtinrent notamment des prés à Vidauban, Grimaud ou encore Castellane pour faire paître leur bétail. Ils obtinrent aussi au XIIIè s. le droit d'exploiter le sel des salines d'Hyères. En fait, les moines croyaient avoir trouvé en ce lieu, loin de toute voie de communication et de toute habitation, un sanctuaire que personne ne viendrait déranger. Mais, à l'instar des sept plaies d'Egypte, une succession de malheurs s'abattit sur la chartreuse au cours des siècles. Il y eut ainsi plusieurs incendies aux XIIIème et XIVème siècles qui ravagèrent les bâtiments.

De plus, toutes ces richesses accumulées grâce aux nombreux dons, ainsi que la renommée du sanctuaire n'étaient pas sans attirer les convoitises des seigneurs voisins. Notamment ceux de Bormes et de La Môle qui nourrirent pendant des siècles une véritable haine envers les chartreux. Plusieurs procès éclatèrent entre ces rivaux.

Si au moyen-âge, la chartreuse gagnait la plupart du temps, il en fut tout autrement durant la Renaissance car le seigneur de Bormes entretenait d'excellentes relations avec le Parlement d'Aix. Les moines connurent aussi des troubles de voisinage avec les gens de Collobrière. Puis ce fut au tour des huguenots durant les guerres de religion de la fin du XVIème siècle. Mais jamais les moines ne renoncèrent à vivre dans ce havre. Et après chaque tempête, ils trouvèrent en leur foi la volonté pour reconstruire encore et toujours. Malheureusement, les procès perdus contre les seigneurs de La Môle, les sommes folles investies dans la restauration et la création de nouveau bâtiments (XVIIè et XVIIIè s.), ainsi que la concurrence de nouveaux monastères dans la région, compromirent fortement la stabilité et l'avenir du sanctuaire. Finalement la Révolution les poussa à quitter les lieux pour se réfugier en Italie. Tout ce qui avait une quelconque valeur fut confisqué et vendu.

Les bâtiments demandant pas mal d'argent pour leur entretien, le propriétaire finit par ne plus s'en occuper, et c'est ainsi que la chartreuse se dégrada très sensiblement. Les plus vieux édifices (au nord du site) tombèrent totalement en ruines cependant que les plus récents (au sud) les regardaient impuissants et fatalistes. Au début du XIXème s., Prosper Mérimé inscrivit la chartreuse dans sa liste des monuments de France.
Il fallut cependant attendre 1921 pour que le site soit classé monument historique, et 1968 pour qu'une association d'amoureux de la Verne puisse entreprendre une vaste campagne de préservation et de restauration. Depuis 1982, les bâtiments accueillent la communauté monastique de Béthléem. Malgré les siècles et les déprédations, de nombreux bâtiments subsistent - certains plus ou moins - grâce à l'obstination des moines et des admirateurs du site. C'est ainsi que l'on peut découvrir l'ancien cloître, dont quelques cellules ont été rebâties, les restes du moulin à vent, une échauguette, les cuisines (avec une cheminée du XIIème siècle), des arcades et portes décorées en serpentine datant du XVIIème siècle, l'hôtellerie, le réfectoire, un pressoir à huile d'olive,... Notons que la visite est payante (l'argent servant à la restauration et à la vie des moniales) et que tout un tas d'articles sont à la vente (livres, miel, parfums, objets religieux,...).

Depuis quelque temps un vaste chantier a été entrepris dans le but de remettre en état les bâtiments tombés en ruines. Le travail accompli est du plus mauvais effet car ces murs neufs tranchent vraiment à côté des anciens et défigurent complètement le site. Quelle drôle d'idée d'avoir ainsi massacré un chef d'oeuvre culturel qui aurait été mieux apprécié dans son état d'origine par les amateurs de vieilles pierres !!

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