Hauteurs de Trigance

Trigance


Trigance est un joli petit village proche de la frontière entre le Var et les Alpes de Haute Provence en plein coeur du parc naturel du Verdon. Castellane se trouve à 20 km au nord par la D952 et D955. Depuis Draguignan, il faut d'abord se rendre à Comps, puis prendre la D955 sur 10 km.

Qu'est-ce donc ?

Certains étymologistes et historiens ont tout de suite noté le préfixe "tri" (trois) dans le nom de ce magnifique village. C'est pour cette raison qu'on a eu droit à diverses étymologies farfelues comme "trois oies" (goose en anglais), les "trois gances" (le plus facile)... Une étude plus sérieuse a montré que l'origine du nom devait se retrouver dans la racine pré-indo-européenne TR- ayant une valeur oronymique et faisant semble-t-il référence à un éperon rocheux. Quand on regarde par exemple les formes du Biach et du Breis, on note une certaine raideur des pentes de tout côté.

Le village de Trigance est dominé par son château médiéval, reconstruit dans les années 1960 et transformé en hôtel. Au départ du village, un sentier balisé GR49 grimpe vers l'ouest et au bout d'une heure débouche sur le plateau d'Entreverges encaissé entre trois montagnes : la crête d'Armevieille, le Breis et le Biach. C'est par les sommets de ces deux derniers que passe la frontière entre le Var et les Alpes de Haute Provence. Le plateau lui-même n'est plus varois. Un large sentier le traverse et descend ensuite vers les ruines du hameau d'Encastel avant de se terminer au belvédère de Rancoumas qui surplombe le canyon du Verdon. Face à nous s'étirent les impressionnantes falaises de l'Escalès. 200m de paroi creusée de cavités naturelles et admirée par les escaladeurs internationaux. Au-dessus de nos têtes planent majestueusement des vautours. Et sous nos pieds on entend gronder les eaux turquoises du Verdon. On aperçoit aussi le très touristiquement surpeuplé sentier Martel, descendant depuis Rougon et passant sous les falaises.

Le Sommet de Breis (alt. 1280) domine à l'est le lit sinueux du Jabron et à l'ouest le vertigineux canyon du Verdon. Notons que ces deux torrents se rejoignent à ses pieds, au pont de Carajuan.
On raconte qu'au sommet de cette montagne se trouve un étrange étagement de strates en rond que certains ésotéristes n'hésitent à rapprocher de la légende arthurienne de la Table Ronde et du Saint Graal. Ce qu'ils confirmeraient par le fait que l'on aurait jadis nommé la montagne en mémoire de la Bretagne (Breiz).
En adoptant une vision plus scientifique et terre-à-terre, on peut s'avancer à dire que le nom de la montagne trouverait plutôt son origine dans la racine pré-indo-européenne BR- désignant une... montagne.
Mais il ne faut pas pour autant écarter toute idée mystique dans ces lieux, car n'oublions pas que les Templiers ont vécu dans cette région éloignée des regards indiscrets (château de Valcros, Saint Mayme, chapelles diverses...), ainsi qu'avant eux des peuplades montagnardes méconnues.

Le Biach (alt. 1213m), autre sommet surplombant la région, est coiffé des restes d'un oppidum. Celui-ci avait abrité durant des siècles une partie de la population locale et s'était développé. Les habitations s'étageaient sur le versant sud-est de la montagne. Encore habité au Xè s., il fut abandonné plus tard (XIIè ou XIIIè s.) au profit du nouveau village de Trigance.

Mais la plus impressionnante de toutes ces hauteurs reste le Robion. Cet immense rocher gris qui s'élance vers le ciel culmine à 1660m. De son sommet, accessible après une longue montée (au départ de Castellane), on surplombe le Verdon 1000m plus bas et on fait face aux Cadières de Brandis. A ses pieds, on aperçoit aussi le château templier de Valcros et le hameau de Robion. Et par-dessus les collines l'on côtoye les autres géants locaux : le Teillon (1895m) et le Mourre de Chanier (1930m). Si sa masse peut faire peur, elle abrite cependant la petite chapelle troglodytique dédiée à Saint Trophime, sise à la faveur d'une cavité dans la falaise.

Au nord-est de Trigance, sur la frontière entre le Var et les Alpes de Haute Provence, s'étire un éperon rocheux baptisé le Rocher de la Forteresse. Là sommeillent les ruines d'un ancien château depuis longtemps oublié. On y accède facilement depuis le hameau de Robion sous la montagne du même nom (1 heure de marche). Pour pénétrer dans le coeur même des ruines, il faut passer par une échancrure taillée dans le roc massif en guise de porte. Il ne reste que quelques pans de murs. On devine plusieurs salles. Un morceau de rempart a été dressé au-dessus d'une arche naturelle. Depuis là-haut, la vue plonge sur le mystérieux château templier de Valcros (où serait caché le fameux trésor de l'Ordre), le château de Soleils et le confluent du Jabron et du Verdon. On voit ce dernier s'engouffrer dans ses fameuses gorges. On aperçoit Rougon accroché à son rocher et les montagnes abruptes qui dominent le parc naturel du Verdon.

A côté

Quelques autres merveilles autour de Trigance :
Trigance d'abord. Ce magnifique village est accroché sur la ligne de crête qui descend sous le château. En le traversant, on remarquera ses vieux murs, ses ruelles étroites, et ce majestueux château-hôtel qui veille sur la région. Au cours du Moyen-Âge, la région était bien connue des Templiers. Ils disposaient de plusieurs chapelles et demeures, dont le fameux château de Valcros qui renfermerait selon les ésotéristes le trésor des Templiers. Mais leur richesse ne semblait que chimérique car une de leurs principales possessions locales, le site de Saint Maime (Saint Maxime), n'était qu'une modeste ferme où vivait un tout aussi modeste fermier-soldat (et quelques serviteurs). La chapelle qui s'y trouvait servait jadis d'église paroissiale au village primitif du Biach.

Quant au château, il fut érigé au XIIIè s., époque à laquelle les villageois quittèrent les oppida voisins (Biach, Montiver, Castillon) et se regroupèrent à ses pieds. Il avait une forme de carré flanqué de tours aux quatre coins. Il fut aménagé au cours des siècles suivant, mais subit outrageusement la folie de la révolution. Tombé en ruines, il servit de carrière de pierres pour les villageois. Ce n'est que dans les années 1960 qu'il fut racheté et entièrement reconstruit pour servir comme hôtel 3.

A l'entrée du village, un peu à l'écart, se dresse la chapelle Saint Roch. Si vous avez eu le loisir de visiter nombre de villages varois et provençaux, vous aurez certainement remarqué la présence de chapelles dédiées à Saint Roch et généralement situées en périphérie des bourgs. Ces édifices ont été réalisés à la suite ou à l'occasion d'une épidémie dans un but de protection. Car Saint Roch est réputé protéger des maladies contagieuses. C'est en 1628-1629 que sévit une terrible peste dans la région. Trigance ferma toutes ses portes à l'exception de la route qui conduisait aux moulins. Malgré d'importantes précautions, la maladie pénétra dans le village. Les médecines jugées peu efficaces, les villageois se tournèrent vers les prières et érigèrent la chapelle Saint Roch.

Au pied du village coule un petit torrent (lorsqu'il n'est pas à sec), le Jabron. Il se jette dans le Verdon non loin du pont de Carajuan au nord. Mais avant cela, il a eu l'égoïste fierté lui aussi de se creuser ses propres gorges. Certes, on ne peut les comparer à l’œuvre mégalomaniaque du Verdon, mais elles méritent que l'on s'y intéresse car elles sont étonnantes. Le Jabron s'est taillé un étroit canyon dans le calcaire, d'une profondeur variant de 1 à 20 mètres et parfois pas plus large que la grandeur d'un homme. Un frêle pont de pierres enjambe ce défilé d'albâtre, c'est le pont de Sautet. S'il semble très ancien, d'architecture romane, il pourrait n'être qu'une reconstruction d'un ouvrage plus ancien qui n'aurait pas survécu aux terribles crues du torrent qui emportèrent tous les ponts au XVIIIè s. et isolèrent le village du reste de la région.

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