Bargème

Bargème


Bargème est une petite bourgade du Haut Var à mi-chemin entre les villes de Castellane et Draguignan. Depuis cette dernière, il faut d'abord se rendre à Comps en traversant le haut plateau de Canjuers, puis emprunter la D21 sur quelques kilomètres avant de prendre la petite route qui grimpe au village.
Depuis Castellane, prendre la N85 en direction de Grasse et bifurquer au Logis du Pin pour suivre la D21 en direction de Comps.
Depuis Grasse prendre la N85 en direction de Castellane et bifurquer au Logis du Pin pour suivre la D21 en direction de Comps.

Qu'est-ce donc ?

L'origine du nom Bargème viendrait de la racine pré indo-européenne BAR- signifiant rocher à pic.

Ici, le village est dominé par la barre rocheuse du Brouis.
Etabli à plus de 1000m d'altitude sur une colline entourée de hauts rochers, ce bourg médiéval est serré dans son enceinte, percée au XIVème s. de deux portes fortifiées. Côté nord, un versant à pic protège le village.

Comment parler de l'histoire du village sans évoquer le nom des Pontevès, et particulièrement celui de Jean-Baptiste de Pontevès, seigneur de Callas. La seigneurie de Bargème lui parvint au XVIème s. En 1578 (en plein coeur des guerres de religion qui ensanglantaient la France entière, et où s'opposaient les Ligueurs aux royalistes, et les carcistes aux razats en Provence), le seigneur, qui avait régné en effroyable dictateur sur ses sujets, était en procès avec les habitants de Callas. Menacé d'un jugement en sa défaveur, il fit appel à son neveu Hubert, le terrible Comte de Vins, et carciste devant l'éternel, qui rentra en ville avec ses hommes. Le village de Callas fut mis à sac, plusieurs de ses habitants furent égorgés ou rançonnés.
Jean-Baptiste de Pontevès et son fils menacèrent les habitants d'extermination, s'ils ne se désistaient pas du procès. De ce fait fut signée une transaction reconnaissant comme consenties et légitimes les usurpations et les spoliations du seigneur.
En avril 1579, après que Hubert s'en retournât à Vins, un habitant du nom de Jacques Sassy, lieutenant d'une compagnie de Huguenots, accompagné d'une dizaine d'hommes réussit à s'introduire sur la place qu'il désarma, et Pierre de Pontevès (fils de J-B de Pontevès) fut assassiné. Le château fut alors pillé et entièrement démoli. Quelques mois plus tard, deux de ses fils, Joseph et Jean-Baptiste tombèrent à leur tour dans un guet-apens et furent égorgés. Le même sort fut réservé à leur frère Balthazar.
Enfin, terminant la tragique série, en 1595, Antoine, fils de Joseph, âgé de 25 ans, fut tué dans l'église Saint Nicolas.
C'est à la suite de ces tragiques événements que le parlement de Provence condamna les meurtriers à élever en 1607, en signe d'expiation, la chapelle N-D des Sept Douleurs que l'on voit un peu à l'écart, à l'ouest du château.

De nos jours, le village a conservé son cachet médiéval, et l'on se croirait revenu quelques siècles en arrière. Car en réalité, le temps s'est comme arrêté à Bargème, depuis qu'un décret ministériel l'a classé monument historique en 1967. A présent, il est presque impossible de déplacer une pierre sans en référer à l'Architecte des Bâtiments de France. Est-ce une bonne chose ? oui est non. Oui, car on évite ainsi les atrocités subies par tant de villages anciens du Var à la suite de modifications ou de restaurations faites sans aucun respect historique et architectural. Le village a ainsi été remonté dans les règles de l'art.
Mais ce classement est aussi un renoncement au développement du site, car il devient extrêmement difficile de construire de nouvelles maisons pour accueillir de nouveaux résidents ou d'agrandir les exploitations agricoles. Le fait que le village soit assez éloigné des grands axes de communication et des villages importants accentue cet isolement qui rend cependant le site si impressionnant et attirant.

A côté

Toute la région de Bargème a conservé de nombreuses empreintes du passé. On peut noter par exemple les ruines des castra primitifs de La Bastide et de La Roque d'Esclapon.

Mais aussi, plus près de Bargème :
Le pont de style roman du hameau de La Souche. Il se trouve tout près de la route reliant Bargème/La Bastide à Comps. En moellons de calcaire blanc. Il ne date pas du moyen-âge.

La toute petite chapelle dédiée à Saint Antoine est malheureusement à l'abandon et son entrée a été sauvagement murée. Dommage, car elle mériterait de renaître, d'autant qu'elle est fort ancienne. Elle se trouve au pied de la montée du village, en bordure d'une piste à droite, un peu cachée par les buissons.

La chapelle Sainte Pétronille, toute pimpante car restaurée, trône au carrefour de la route Comps/La Bastide et de celle qui monte à Bargème.

La chapelle Saint Laurent, qui se trouve sur la route menant au hameau du même nom au départ de Bargème.

Le pont roman de la Serre enjambant d'une belle arche l'Artuby tumultueuse. Il se trouve au nord de la montagne du Brouis, sur la commune de La Martre.
Juste à côté se dressent les ruines d'une vieille fabrique qui tirait sa force motrice de l'Artuby (canal, barrage et moulin).

La chapelle Saint Blaise, non loin du pont de la Serre, se dresse au milieu d'une plateforme herbeuse. Elle date du XVIIè s. et semble avoir été plus grande jadis. Dominant la chapelle, on aperçoit les restes du Castellas sur un piton voisin, quelques murs qui se confondent avec les rochers.

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