St Pierre en Demuèyes

Châteauvieux


Nous sommes ici tout proche de la frontière entre le Var, les Alpes Maritimes et les Alpes de Haute Provence. Pour atteindre ce site solitaire, perdu en pleine forêt, il faut d'abord se rendre au village de La Martre par la D52. Si vous venez par l'est (par La Bastide ou la N85), dépassez le village, faites 300 mètres et empruntez une petite route (D52a) qui part à droite en direction de Demuèyes (gîte). Si vous venez de Châteauvieux (depuis Trigance), faites 1,3 km sur la D52 et, juste après un pont, tournez à gauche en direction de Demuèyes.
Une fois sur cette petite route, remontez-la sur 1,5 km et, 150 m après un angle droit vers la gauche, laissez la voiture sur le bas côté. Un panneau indique la direction à suivre pour atteindre la chapelle. Plusieurs sentiers partent de là : il faut prendre celui du milieu qui reste horizontal. Poursuivez sur ce bon chemin pendant 300m, la chapelle apparaît sur la droite après un petit raidillon.

Qu'est-ce donc ?

Saint Pierre en Démuèyes est une petit sanctuaire caché au cœur de la forêt alpestre dans une région fort reculée du haut Var. Ici les montagnes se dressent toutes à plus de mille mètres d'altitude et sont séparées par de petits vallons encaissés où gazouillent des eaux sereines et fraîches tout droit sorties de leurs flancs.

L'hiver, le froid engourdi tout, et il faut vivre avec la neige et le gel. L'eau omniprésente explique le toponyme "Demuèyes", d'origine provençale et faisant référence à une zone humide.
 L'édifice actuel date de 1615 et pourrait être l’œuvre des Chevaliers de Malte (successeurs des Templiers, jadis fort présents dans la région). Il remplace un sanctuaire médiéval plus important détruit par les troupes de Raymond de Turenne au XIVè s. (un boulet de tuf est exposé au musée de La Martre). Celles-ci étaient venues ravager le sud de la France et la Provence en raison d'un différend avec les autorités provençales et ecclésiastiques. Il s'agissait jadis d'une petite abbaye de moniales construite au XIIè ou XIIIè s. (ou bien XIè s.) et dépendant de l'abbaye du Thoronet. On peut encore voir un morceau de mur à l'écart donnant une idée de la grandeur de l'abbatiale (qui comprenait deux collatéraux en plus de la nef conservée dans l'actuel édifice).

Durant le moyen-âge, ce monastère abritait les sépultures des seigneurs de Castellane. Mais après sa destruction par Turenne et l'effondrement de l'ordre cistercien (et par là-même du Thoronet), il perdit de son importance. Simple prieuré au XVè s., il était en ruines lorsque la chapelle fut relevée par l'Ordre de Malte. Ses deux plus célèbres abbesses étaient dames de Castellane et de Villeneuve.

L'édifice ne paye pas de mine, vu de l'extérieur, en raison d'une restauration récente ne la mettant pas du tout en valeur. Son clocher-mître est pourtant intéressant. Devant la chapelle, on a construit des gradins et un autel arborant la croix maltaise : le culte du saint est toujours pratiqué.

En faisant le tour, un petit sentier descend depuis le chevet vers les prés. Au bout de vingt mètres, on aboutit devant une sorte de tombe anthropomorphe creusée dans le sol. Son origine est inconnue (peut-être gallo-romaine). Elle est réputée et passe pour être la Tombe de Saint Pierre. Il n'y a pas si longtemps encore, on montait ici pour guérir les malades : on les lavait avec l'eau de la source qui se trouve à 50 m de la chapelle (sur le bord du chemin avant le raidillon indiqué plus haut), puis on plaçait les linges ayant servi à la toilette sous une pierre au fond de la tombe.

A côté

La Martre :
Le village tel qu'on le connaît aujourd'hui, paisible, éloigné des pleurs et des haines de notre monde, ne date que de la fin XVIè - début XVIIè s. Avant cela, l'agglomération, c'est-à-dire le castrum médiéval, s'accrochait à un rocher dominant l'Artuby, situé au sud-ouest de sa position actuelle. Sur les cartes IGN, il est appelé Le Castellas (propriété privée). On y voit encore quelques pans de murs se confondant avec la pierre.
Cependant que les villageois s'installaient dans l'actuel hameau, les seigneurs emménageaient au Château Rimat (actuellement transformé en centre de vacances). Son nom signifiant "brûlé" (rimade en provençal) rappelle qu'il a probablement été victime d'un incendie et reconstruit par la suite. Il abrita des prêtres réfractaires durant la révolution.

Châteauvieux :
Ce petit village tire son nom de l'ancien castrum médiéval dressé au Xè s. sur le sommet qui s'élève derrière l'actuel village. Jadis, avant notre ère, les ligures y avaient installé un camp fortifié.
Le village actuel date du XVIIè s., à la suite des guerres de religion qui détruisirent la communauté située alors un peu plus haut.
Tout en bas de l'agglomération (dans le quartier dit "le Plus Bas Village" ) se trouve une grande maison bourgeoise, bâtie au XVIIIè s. sur les restes d'un château Renaissance.
Dans l'église datant du XVIIè s., repose en paix la dépouille de Madeleine de La Palud. Cette jeune femme fut la victime du sulfureux abbé Gaufridi, condamné pour sorcellerie en 1611. A son tour accusée, Madeleine fut condamnée à la réclusion dans une maison de Châteauvieux (l'actuelle mairie) où elle y passa le reste de sa vie.
Depuis la colline qui domine le village (une piste y monte en un quart d'heure), on profite d'un beau panorama sur les montagnes du parc naturel du Verdon : le Robion, le Mourre de Chanier, le Destourbes, les falaises de l'Escalès, le Teillon, le Breis...

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