La Sainte Baume

Plan d'Aups


La Sainte Baume se situe dans une zone montagneuse éloignée dans grandes voies de communication. Cependant, il existe plusieurs routes qui y conduisent.
Depuis Toulon, il faut prendre la direction de Solliès-Pont, puis s'enfoncer dans la vallée du Gapeau jusqu'à La Roquebrussanne. En contournant ce village, on prend à gauche au niveau du rond-point, direction Mazaugues. Arrivé à ce nouveau village, on prend la direction Plan d'Aups / La Sainte Baume. La route est étroite et sinueuse. Le plus simple est de se garer au niveau de l'Hostellerie / Eco-musée.
Depuis Brignoles, il faut prendre la N7 sur 3 km, puis emprunter à gauche la D5 qui monte à La Roquebrussanne. Dans les lacets, prendre la D95 qui va à Mazaugues. De là, poursuivre vers la Sainte Baume.
Depuis Marseille / Aubagne, il faut se rendre à Gémenos et emprunter la D2 qui grimpe en lacets vers Plan d'Aups, puis continuer jusqu'à l'Hostellerie.

Qu'est-ce donc ?

Une baume, est la francisation du mot provençal "baumo" qui désigne une grotte. On retrouve ici la racine pré-indo-européenne BA-M- (ou BA-L-) qui désigne une paroi rocheuse, un rocher à pic. Par la suite et par extension, cette racine a aussi désigné une cavité se trouvant au pied d'un rocher.

Il y a tant de choses à dire sur cette montagne, mais ce qui la caractérise le plus c'est l'impression qui s'en dégage lorsque l'on se retrouve au coeur de cette forêt sacrée qui s'étend à ses pieds.

Sacrée, le mot n'est pas écrit au hasard, car depuis la nuit des temps cette montagne a connu les vénérations des peuples qui se sont succédés, depuis le néolithique jusqu'à notre XXIè s. L'Histoire et la légende se confondent tant est si bien que de nos jours, il est très difficile de faire la part du réel et de l'extraordinaire, même pour les historiens. C'est pourquoi, nous ne trouverons pas chapitre spécial "Légendes", trop difficile à faire ressortir, dans cette description.
6000 ans en arrière, la montagne était connue comme étant le lien mystique entre la terre et le ciel, car elle était très souvent frappée par les éclairs et son alignement est-ouest correspond à la course du soleil (utile pour calculer les calendriers). Sa grotte, la Sainte Grotte que nous connaissons, représentait la Porte du Nord des peuples indo-européens, séparant notre monde de celui des âmes éternelles. Elle servait de nécropole pour les grands personnages, cependant que la plaine accueillait de petits villages de cabanes en bois et des tumuli à offrandes ou sépulcraux.
On raconte que lors du siège de Massalia, les légions de Jules César, n'osèrent y porter la hache qu'une fois que le consul ait dû lui-même montrer que cette forêt sacrée ne se défendrait pas.

Cette forêt qui hébergeait l'Artemis des phocéens de Massalia devait bientôt accueillir une autre déesse ; du moins, fut-elle aussi vénérée par la suite et l'est encore de nos jours : Marie Madeleine. Mettons de côté la vérité historique pour se contenter de la légende chrétienne de la Sainte venue finir ses jours dans la pénitence au sein de ce ténébreux massif défiant le soleil de Provence.
Marie Madeleine avait fuit les persécutions anti-chrétiennes de Jérusalem pour accoster en Provence (du côté des Saintes Maries de la Mer raconte la tradition) en compagnie de ses proches (dont Sainte Marthe et Saint Lazare). Elle commença à évangéliser une partie de notre région avant de venir vivre dans la Grotte où elle passa les trente dernières années (?) de sa vie. Juste avant d'expirer, elle reçut la communion de la part de Saint Maximin (au petit Pilon près de la ville de Saint Maximin) qui, ensuite fit construire une crypte funéraire au-dessus de son tombeau.

Au Vème siècle, Saint Jean Cassien, fondateur de plusieurs couvents (notamment celui des Béguines) et de l'abbaye de Saint Victor de Marseille, découvrit les restes de la Sainte et confia les reliques à la communauté de Cassianites qu'il avait fondée à Saint Maximin.
Lorsque les sarrasins attaquèrent la ville en 716, on cacha les reliques (en compagnie d'autres tombeaux de saints) dans une crypte que l'on mura. Elle fut alors oubliée durant les siècles de trouble qui se prolongèrent jusqu'à l'avènement de Guillaume Ier, libérateur de la Provence. Et ce n'est qu'à la fin du XIIIè s. que les saintes reliques furent redécouvertes par Charles II, neveu de Saint Louis. On plaça alors les reliques dans une châsse d'argent et une basilique fut érigée (les travaux durèrent plus de 200 ans). Les pèlerinages se multiplièrent en direction de Saint Maximin et de la Sainte Baume où l'on a construit un couvent et un hospice pour accueillir les visiteurs de plus en plus nombreux.
Si la plupart des pèlerins sont des gens ordinaires, venant parfois de lointains royaumes, d'autres nous sont familiers : Philippe VI, François Ier, Charles IX, Louis XIII, Louis XIV,... Les souverains montaient à la Grotte en empruntant le Chemin des Roys qui part de Nans. En 1516, l'archevêque d'Arles fait ériger 7 oratoires afin de jalonner cette célèbre route.

A plusieurs reprises, on dut cacher les reliques des mains indéliquates de multiples agresseurs : Arnaud de Cervolle (XIVè s.), Charles Quint et les huguenots (XVIè s.), la révolution (XVIIIè s.). Malgré une fortification barrant l'accès au site, la Grotte et les bâtiments des Frères furent à plusieurs reprises saccagés ; et les reliques suscitèrent maintes convoitises de la part de moines étrangers.

Mais de tout temps, la Grotte et la Forêt reçurent la protection des rois et papes successifs, ainsi que la ferveur religieuse des habitants de la région, si bien qu'après chaque destruction, les bâtiments étaient reconstruits (avec un délai plus ou moins long, il est vrai).
Sur les crêtes, on dépasse les mille mètres d'altitude. Le Pic de Bertagne, à l’extrême ouest culmine à 1042m ; le Pas de la Cabre et le col du Saint Pilon, les points les plus bas, avoisinent les 950m. Et les sommets du Jouc de l'Aigle et du Signal des Béguines se détachent avec 1148m.
Inutile de vous dire qu'à cette altitude les conditions climatiques peuvent être extrêmes. La neige n'y est pas rare en hiver, et le vent peut se révéler d'une violence incroyable puisqu'il ne rencontre aucun obstacle lorsqu'il souffle du nord. Mais lorsqu'il fait beau, que le ciel est bleu, le panorama est à lui seul la plus belle des récompenses que peut attendre le randonneur.
Vers le nord, on aperçoit pratiquement tout le Var, et même plus loin : les Ecrins, la Sainte Victoire, Garlaban, l'Etoile, Lure, Ventoux,... Vers le sud, on distingue la mer, les Maures et N-D des Anges, le Bec de l'Aigle de La Ciotat et les montagnes qui dominent Toulon.

C'est sur ce sommet, où se dresse la chapelle du Saint Pilon, que les Anges emmenaient 7 fois par jour la Sainte pour y prier. En 1463, on érigea un pilon (pilier) surmonté d'une statue à son effigie et décoré par des anges. Il a depuis disparu. La chapelle date de 1618 et a été restaurée en 1795 et 1835.

Non loin de ce bâtiment, on peut voir des traces de sabots de cheval sur le sol rocheux. La légende veut qu'au XIVè s. deux marchands florentins venant de Toulon se soient égarés à la nuit tombée en voulant traverser la montagne. Leurs montures refusant de continuer à avancer, ils mirent pied à terre et dormirent sur place. Le lendemain, ils se rendirent compte que leurs chevaux s'étaient arrêtés juste devant le précipice. En guise d'ex-voto, ils firent placer dans l'église de Saint Maximin deux statues équestres (disparues depuis).
Jadis on appelait le sommet un désert car on n'y trouvait rien ni personne - comme aujourd'hui d'ailleurs - si ce n'est quelques arbres qui luttent contre une nature hostile faite de lapiaz calcaire et d'herbes sèches fouettées par les vents glacés venant du nord. La falaise est abrupte et plonge dans une dense mer d'arbres millénaires. Il faut faire très attention lorsque l'on s'approche du bord, plusieurs personnes sont tombées et leurs corps n'ont été retrouvés que des jours plus tard. Si un sentier balisé longe la crête d'un bout à l'autre, il requiert cependant une certaine expérience des terrains difficiles car il faut faire attention où l'on pose le pied à cause des rochers et des anfractuosités qui ralentissent la progression et sollicitent fortement les chevilles.

La Chapelle des Parisiens (ou des Morts), est située dans la montée entre la Grotte et le col du Saint Pilon, elle a été érigée à la demande d'Esprit Blanc, un riche inspecteur des impôts, en 1629. Cet homme, à l'humour particulier, voulait que l'on y célèbre des messes en l'honneur des morts, de sa famille, de ses amis et de ses ennemis ! Pourquoi "des Parisiens" ? afin de rappeler que la maison qu'il possédait à Marseille avait été rendue 'célèbre' par ses amis parisiens qu'il y accueillait. Elle fut ravagée par la folie dévastatrice de la révolution. On remarquera son toit en tuiles de bois et sur les montants de son portail des fers à cheval gravés par les Compagnons du Devoir venus à la Grotte pour faire bénir leurs rubans (traces que l'on retrouve sur tous les oratoires de Nans au Saint Pilon).

A côté

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Le village du Plan d'Aups, face au Pic de Bertagne, témoigne de l'existence depuis des millénaires de peuplades au pied de la montagne. On y trouve les restes d'un oppidum jouxtant la caserne des pompiers. L'église est construite sur les restes du prieuré de Saint Jacques le Majeur fondé au IXè s. par les Cassianites.
Le chambranle du porche est constitué de deux stèles romaines, dont une gravée et inscrite aux Monuments Historiques, preuve que la région était appréciée des romains : villae et bergeries à Taurelle, Roussargue,... tour de guet à la Tour de Cauvin,... César, après sa victoire sur Marseille, partagea les terres autour de la Sainte Baume entre ses officiers.

La plaine de Plan d'Aups est percée de trous (pertes, Grande Tourne). Lorsqu'il pleut, les eaux de ruissellement descendant des montagnes alentours inondent le fond de la plaine avant de s'engouffrer dans le sol par ses ouvertures naturelles comme dans un lavabo.

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