Saint Julien le Montagnier

Saint Julien


Cette commune se situe presque aux confints du département, à quelques encablures de la centrale de Cadarache et à 25 km au S-E de Manosque. Depuis Brignoles au sud, il faut passer par Barjols, Varages et La Verdière.

Qu'est-ce donc ?

Le village historique du Montagnier est situé sur une butte dégagée (alt. 580m), dominant la plaine, réchauffé par le soleil, mais fouété par le vent froid du nord. La vue porte sur les collines varoises au sud et la haute Provence au nord (vallée de la Durance, massifs du Verdon, Lure, Ventoux...). Un belvédère posé sur le réservoir d'eau (emplacement du château médiéval) permet de profiter de ce panorama (un des plus appréciables du Var) si vaste par temps dégagé.
L'occupation de la région remonte à la préhistoire (grottes du ravin de Malavallasse, des basses gorges du Verdon, des Pignolets...). La butte semble connaître une fréquentation dès la fin de la Préhistoire grâce à la construction d'un oppidum en bordure ouest. C'est sûrement de cette époque que remonte le nom de la butte, Gourdane : on y retrouve la racine pré indo-européenne GOR-D- (variante de KOR-) désignant une hauteur rocheuse. Un autre oppidum faisait face, au sommet de la Colle surplombant Malavalasse. Il est fort probable que le terroir de Saint Julien appartenait à la tribu ligure des Albicii.

Les romains, venus s'installer en Provence, réutilisèrent les voies d'échange qui se croisaient au pied de Saint Julien et reliaient le Var à la Durance. La plaine vit pousser de nombreuses habitations rurales : les Guis, les Pignolets, les Jonquiers,... embryons de la grosse vingtaine de hameaux qui parsèment aujourd'hui la commune. Un grand cimetière s'étendait à Saint Pierre ; et le quartier de Maisons tire son nom d'une déformation du latin mensiones, gîte d'étape pour voyageurs. Ce carrefour était surveillé par un camp romain situé sur l'est de la butte de Saint Julien et un autre au sommet des Mourres.

Le terroir bénéficie aussi de l'influence de l'évêché de Riez et se voit probablement christianisé de très bonne heure.
Au XIè s., le village connaît une recrudescence de la ferveur religieuse, peut-être pour combattre la crise économique de ce siècle due essentiellement au climat épouvantable. Les chapelles gallo-romaines de St Pierre et du Plan sont reconstruites, ainsi que celle de la Trinité. L'église paroissiale est construite sur les restes d'une chapelle plus ancienne. Son mur oriental est inséré dans les remparts entourant le castrum qui date aussi de cette époque. Le château a aujourd'hui disparu, mis à part quelques soubassements situés près du réservoir d'eau du village. De timides pans de remparts sont visibles côté sud. Il reste cependant la magnifique porte de Gourdane qui perce le rempart occidental et ouvre sur l'aire des moulins. Une autre porte permettait d'accéder par la route actuelle.

L'église fut agrandie de collatéraux (aux XIIIè et XVè s.), rehaussée puis accompagnée d'un clocher (un premier au XVIIè s., et l'actuel au début XVIIIè s.). A l'intérieur, on peut y admirer un beau retable et une poutre de gloire du XVIIIè s. (rare dans notre région), diverses statues des XVIIIè et XIXè s., deux morceaux de cancel du VIè s (un enchâssé dans le chevet de l'édifice, l'autre au-dessus d'une porte jouxtant le portail)...

Le village a connu de nombreux co-seigneurs. Le plus ancien qui nous reste en mémoire est dame Laure au XIIè s. Nous pouvons aussi mentionner les vicomtes de Marseilles, les seigneurs des Baux, les Templiers, les Hospitaliers, puis le seigneur de Trians neveu du pape au XIVè s., les Castellane et les Meynier d'Oppède au XVIè s.

Malgré la fréquentation des voies d'échange, Saint Julien n'a jamais connu l'opulence, comme en témoigne l'absence de belle demeure. Paradoxalement, la plus belle porte du village est celle de l'Hôpital Charité institué à la fin du XVIIè s. à l'emplacement de la chapelle des Pénitents de Saint Jean. Il s'agissait d'une Miséricorde, c'est à dire un établissement spécialisé dans le soins des pauvres à leur domicile. Les dons et les héritages permirent à l'établissement de vite s'enrichir et d'acquérir mobilier, nourriture, médicaments et vêtements pour les nécessiteux. On remarquera dans la niche au dessus de la porte la présence d'une Vierge enceinte plutôt rare. Déjà, le XVIè s. avait été très sombre pour la région (invasions de Charles Quint, guerres de religions). L'évêché de Riez s'était alors occupé de distribuer de la nourriture aux plus pauvres, mais la misère semblait s'être installée pour un long moment à Saint Julien.

Outre cette Charité, le XVIIè s. voit aussi la construction sur l'aire de Gourdane (aussi appelée, à juste titre, l'Aire du Bout du Monde) de la petite chapelle de l'Annonciade et des deux moulins à vent (ainsi que celui du hameau de Saint Pierre). La commune ne possédait jusqu'alors que trois moulins à eau : un sur le Verdon (à présent noyé sous le lac d'Esparron) et deux dans le ravin de Malavalasse. Au fil des temps, les moulins de Gourdane ont connu l'oubli. Devenus ruines, ils furent sauvés et remis à neuf (un du moins) en 1999, à l'instar de ceux de Régusse, et font de nouveau la fierté du village.

L'accès difficile au sommet de la butte, l'absence d'eau (il faut attendre le XXè s. pour que la construction du réservoir se substitue à la source médiévale située en contrebas du village) et l'éloignement des cultures n'incitaient pas à s'installer là-haut : les gens préféraient les commodités des hameaux de la plaine à cet isolement d'altitude. C'est ainsi que la population du haut bourg a décliné. La mairie a quitté à son tour les hauteurs en 1929 pour le hameau de Saint Pierre (date de l'édification de sa chapelle). Depuis la fin du XXè s., le village connaît un réveil grâce à l'acquisition de propriétés par des "étrangers" venus chercher le calme et l'air pur du haut Var.

A côté

Le territoire de Saint Julien compte plus de 25 hameaux dont l'origine remonte bien souvent à l'Antiquité. Nous trouvons aussi de nombreux cours d'eau ainsi que des fontaines. Chaque hameau possède son propre lavoir public. Mais les nappes phréatiques n'étant pas très profondes, les habitants souffrirent de maladies dues aux eaux souillées. La source qui alimentait jadis le village sur la butte se trouve en contrebas à mi-pente du versant nord (elle existe toujours, avec son lavoir et sa citerne, mais est à sec).

Quant aux hameaux, situés en plaine, ils bénéficiaient d'un accès plus facile grâce aux puits, citernes et sources au même niveau.
Saint-Pierre est devenu le centre administratif depuis 1929. Parmi ses plus intéressantes constructions, en dehors des découvertes gallo-romaines sujettes aux fouilles archéologiques, on peut citer l'ancien moulin à vent et la chapelle.

Le hameau de Rouvières possède une église qui date de 1751 obtenue en dépit des réticences des habitants de Saint Julien à octroyer plus d'indépendance à ce hameau. Boisset conserve les ruines de ses anciennes habitations. Le site était occupé depuis fort longtemps : oppidum sur le sommet ouest et mention d'une riche demeure médiévale. En contrebas, se trouvent le grand lavoir et la source qui l'alimente, restaurés et mis en valeur.

Le site de la chapelle de la Trinité était occupé dès l'Antiquité. La chapelle actuelle a été érigée au XIè s. sur l'emplacement d'une plus ancienne. Elle est sise au pied de la butte, côté sud, en bordure de la route qui mène au Jas des Hugou. Elle est construite sur le plan d'une basilique terminée par une abside et soutenue par des contreforts. L'intérieur est d'une sobriété propre aux chapelles rurales.

Sur la route D69 reliant Saint Julien à Vinon, avant d'arriver au hameau de Malaurie, nous trouvons le lavoir et la source de la Font d'Icard. Un autre témoignage du grand nombre de points d'eau irrigant le terroir. Si nous poursuivons la route, nous arrivons au canal de Provence. De là, une petite route monte au hameau de Boisset.

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