N-D de Pitié

Le Val


Cette chapelle se trouve en bordure de la route D554 qui relie Brignoles au Val, juste en contrebas du col côté ubac. Son chevet est accolé à la chaussée. Jadis, cette même route passait juste devant le parvis de l'édifice (et non derrière) et descendait en pente assez prononcée vers le village. D'ailleurs, c'est en remontant cet ancien chemin qu'il est le plus recommandé de rejoindre la chapelle. Car à moins d'avoir un 4x4, il est risqué de garer son véhicule juste à côté de l'édifice.

Qu'est-ce donc ?

Vue depuis la route, la chapelle parait bien ordinaire, avec sa forme rectangulaire et son revêtement usé par le temps. Mais dès lors qu'on en fait le tour, on ne peut que tomber sous le charme de ce surprenant édifice qui n'est pas inscrit pour rien à l'inventaire des Monuments Historiques.

 

Une façade originale

En effet, sa façade, comme l'intérieur que l'on détaillera plus loin, offre une décoration des plus admirables, notamment grâce à l'emploi de milliers de coquillages. Sous la riche génoise du toit, sont disposées 5 niches décorées de rangées de coquillages et de scories métalliques (résidus d'une fusion de minerais riche en métal) provenant des carrières de bauxite tout proche.
Deux portes d'entrée ont été percées. Cette autre particularité peut signifier que jadis la chapelle accueillait des processions importantes (telles que des rémourages ou des pèlerinages) justifiant l'organisation d'un sens de circulation intérieure avec une entrée et une sortie.

De part et d'autre des portes, on trouve deux autres niches à frontons et pierres apparentes.Au-dessus des portes, une autre niche de style gothique flamboyant abrite une piéta en bas-relief finement ciselée. La niche est entourée de deux S faits eux aussi en coquillages et scories.On notera aussi de faux chaînages d'angle fusionnant avec les deux niches latérales, ainsi qu'un enduis blanc assez abîmé, mais qui jadis devait faire ressortir les détails colorés de la décoration.

L'intérieur de l'édifice présente un contraste similaire. La nef carrée n'a pratiquement aucun intérêt, et le choeur est décoré de coquillages. Le sol est par contre dévasté, jonché de toutes sortes de détritus, synonyme d'un édifice ouvert aux quatre vents et sans entretient.
En entrant, on remarque sur notre gauche les restes d'un caveau. Ici fut inhumée durant la seconde moitié du XVIIè s. une dame du Val. Sa mort remonte à 1674, mais il semblerait que cette sépulture soit plus tardive, puisque l'on a découvert une pièce de monnaie datant de 1698, sous le sarcophage, lequel a dû être déposé à ce moment.

Au-dessus de nos têtes, les murs de la nef et du choeur sont décorés de nombreux cadres à frontons en bas-relief.Derrière l'autel, l'artiste a représenté le Calvaire du Christ en confectionnant le mont Golgotha avec des morceaux de corail coiffé des trois croix. L'ensemble est dominé par une voûte en arc brisé très richement décorée (arc et piédroits) de coquillages variés et de blocs coralliens. On peut y reconnaitre plusieurs éléments tels que des cornes d'abondance, des grappes de raisins, des bouquets de fleurs... La tête qui fait office de clé de voûte pourrait représenter le dieu chrétien déversant ses richesses sur terrre depuis les cieux, bien que le contexte symbolique et la forme du visage me font avant tout penser au dieu Bacchus.

Il semblerait que les raisons qui ont motivé l'édification et la décoration extravagante de cette chapelle se soient perdues dans les limbes du temps. Cependant, on peut affirmer que de par différents éléments (piéta, calvaire, tombeau), cette chapelle a pour vocation première d'accueillir des cérémonies en hommage aux disparus, l'idée de mort étant bien présente.
On est vraiment en présence d'un cas très rare d'architecture très contrastée, incluant des éléments romans et gothiques et l'emploi d'éléments de décoration assez particuliers. On pourrait être amené à penser que la décoration en coquillages a été ajoutée bien après l'édification de la chapelle qui devait alors présenter un aspect bien austère, très roman.
La piéta en bas-relief est datée de 1659, et le tombeau est un peu plus récent, selon les découvertes qui y ont été faites.

Il est par contre à déplorer l'état d'abandon de l'édifice, éloigné de toute vigilance. Déjà, les plus beaux coquillages et d'autres décorations votives ont été dérobés. Ce n'est pas la première fois que l'on s'indigne devant la négligence des pouvoirs publics face aux périls imminents qui menacent de précieux témoins architecturaux de notre Histoire. Heureusement qu'il existe des associations de bénévoles amoureux du patrimoine et peu sensibles à ces querelles administratives. Elles font un travail démesuré pour restaurer les vieilles pierres, et en faire profiter les générations actuelles et futures...

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Francesca M., le 22 avril 2019

Je trouve que l'enduit rose/orange est trop présent et donne un aspect trop neuf à l'édifice.

Ange, le 01 avril 2019

C est sur Une fois écroulée elle aurait complètement perdu son caractère ancien Vous pensez qu' il ne fallait pas la sauver alors....

Sophie, le 09 janvier 2019

Je partage votre point de vue.

Sophie, le 08 janvier 2019

La chapelle a été entièrement restaurée en 2018.

Cher(e) Sophie, Et c'est bien dommage, car elle a perdu son aspect ancien !!

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