Vieux Rougiers

Rougiers


Rougiers se trouve en bordure de la route D1 reliant Tourves à Nans les Pins et Saint Zacharie. Pour atteindre le site des ruines, il faut laisser sa voiture à Rougiers, s'équiper de chaussures de randonnée et se rendre au carrefour principal du village où se trouve la petite place de la fontaine et la tour octogonale. De là, on emprunte la longue rue qui monte en ligne droite vers les collines du sud. Au bout, la route continue à gauche. Mais un sentier caillouteux débute juste en face au niveau d'un réservoir. Il grimpe aux ruines en une toute petite heure.

Qu'est-ce donc ?

Si vous passez par Rougiers, prenez donc le temps de monter sur les hauteurs qui dominent le village et laissez-vous envahir par la quiétude des lieux. Asseyez-vous aux côtés de la Vierge et, comme elle, embrassez du regard la plaine qui s'étend en contrebas entre le Mont Aurélien et les hauteurs de Bras.
Regardez sous vos pieds : les restes du vieux Rougiers luttent depuis des siècles contre la végétation envahissante. Approchez-vous des ruines du vaste château, collez votre oreille aux tours qui ont résisté au temps et écoutez-les vous conter l'histoire du village. Mais elles seront incapables de remonter avant la fin du douzième siècle, date de leur construction.

En fait, l'histoire de la plaine de Rougiers débute réellement bien avant, aux temps des ligures qui édifièrent des oppida sur de nombreuses hauteurs de la région. Les quelques pans de murs d'une antique place forte, qui se cachent dans la dense végétation du Mont Piégu tout proche, en sont les rares et précieux vestiges. Cette place fortifiée, qui date du IIè siècle avant J-C, a même eu l'honneur d'héberger le célèbre général Marius venu infliger une sévère défaite aux barbares descendus de Suisse et d'Allemagne en direction de Rome.
Il faut attendre la relative tranquillité apportée par l'occupation romaine pour voir apparaître au fond de la vallée une "villa". Mais les habitants retournèrent se protéger dans les hauteurs lors de l'effondrement de l'empire et l'arrivée d'envahisseurs venus des contrées de l'est : le Vè siècle de notre ère voit une sensible fortification des remparts de l'oppidum.

Plus tard, les héritiers de l'Empire de Charlemagne plongèrent à nouveau le pays dans le chaos. Et ce ne sont pas les sarrasins qui, au IXè siècle, vinrent calmer la situation. Ces derniers chassés de Provence, la paix reprit ses droits.

Ce n'est qu'à la fin du XIIè siècle que les habitants de la plaine décident de s'installer sur le site de Saint Jean. Nous sommes en pleine époque d'encastellement des villageois organisés par les petits seigneurs locaux. Ils y construisent le château, une chapelle, une citerne, un silo ainsi que tout un village juste en contrebas. Ils se servent aussi des grottes comme entrepôts. Les décennies suivantes apportent une certaine tranquillité qui concourent au délaissement du castrum, si bien qu'au XVè siècle des paysans descendent s'installer dans la plaine. Rapidement les divers hameaux qui entourent le carrefour de la route principale grossissent et se fondent les uns aux autres et finirent par former au XVIIè siècle le Rougiers actuel.

Devant les ruines du logis seigneurial se dresse la chapelle Saint Jean de Solferino. Elle fut édifiée en 1860 par les habitants du village pour célébrer le passage sur leurs terres de l'Empereur Napoléon III retournant victorieux d'Italie où il avait défait les armées autrichiennes à Solferino.

Tout près du bord de la falaise se dresse un immense oratoire, près de 3 mètres de haut. Il fut érigé en 1683 par des frères dominicains, à égale distance (ou presque) du Saint-Pilon de la Sainte Baume au sud et du Saint-Pilon de Saint-Maximin au nord.

A côté

L'oppidum du Mont Piégu se trouve sur la colline voisine. Celle-ci est allongée dans un axe nord-sud et entourée de versant abruptes et rocheux sur trois côtés sauf au sud où l'on peut encore y apprécier l'épaisseur du mur qui protégeait le seul accès à l'intérieur de la place forte. Ce type de configuration s'appelle un oppidum à éperon barré car seule une partie de l'enceinte a dû être érigée par les habitants, le reste étant protégé naturellement par les falaises de la montagne.
Dès l'Antiquité (et peut-être même avant), une route montait depuis la plaine de Saint-Maximin (voie Aurélienne) en direction de la Sainte Baume et passait entre les deux collines de Saint Jean et du Piégu.

La colline du Puy Runnier se dresse juste au nord du bourg actuel : son nom dérive vraisemblablement de "Puteus Igneus", le puits de feu. Il s'agit d'un très ancien volcan aux coulées basaltiques.

Histoire de légende

On raconte que Marie-Madeleine, venue vivre en pénitence dans une grotte de la Sainte Baume qui se dresse non loin d'ici, se rendait de temps en temps dans la plaine retrouver Saint Maximin.
Sur le chemin, il n'était pas rare qu'elle croisât des locaux désireux de la couvrir de louanges et la toucher et baiser sa robe,... Un jour qu'elle rentrait, elle fut suivie par un petit groupe de fidèles. Désirant les semer, elle adressa une prière à la Vierge, et sur des grandes dalles de calcaire alentour apparurent de nombreuses empreintes de pieds féminins partant dans tous les sens destinées ainsi à donner de fausses directions aux poursuivants.
Quelque part, le long du chemin qui passe entre les deux collines de Rougiers, on peut deviner sur des dalles calcaires de petites dépressions formées par l'activité érosive de l'eau de pluie acide. Certaines peuvent ressembler à des traces de petits pieds, ce qui a fait naître cette légende.

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Vik, le 15 avril 2019

La statue de la vierge devant le château a changé plusieurs fois au cours de ces 10 dernières années.

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