Basses gorges du Verdon

Artignosc


Les basses gorges du Verdon serpentent entre le lac de Sainte Croix et le lac d'Esparron sur une bonne vingtaine de kilomètres. Elles traversent les communes de Baudinard, Artignosc, Quinson ou encore Saint Laurent du Verdon.
Moins impressionnantes que le célèbre canyon, elles sont cependant plus accessibles. On ne peut passer d'une rive à l'autre que par trois ponts (Montpezat, Artignosc et Quinson).

Qu'est-ce donc ?

On peut diviser les gorges en trois secteurs : le premier correspond aux étroites gorges de Baudinard, près du village du même nom, juste après le barrage de Sainte-Croix. Le second, plus accessible, traverse les communes d'Artigonsc et de Saint Laurent de Verdon. Quant au troisième, le plus sauvage, il se situe juste en aval du village de Quinson.

 

Les gorges de Baudinard

Les gorges de Baudinard sont par endroits très étroites, quelques mètres. Les parois très verticales sont percées de quelques grottes qui servirent d'abris à nos ancêtres du néolithique. Certaines sont aujourd'hui en partie inondées par les eaux du torrent. Et les plus remarquables (notamment le réseau dit « de l’Eglise » faisant 1650m de développement, et la sépulture de la grotte Murée) sont protégées par des grilles en interdisant l'accès. Les fouilles successives et les explorations ont révélé un riche mobilier ainsi que des peintures rupestres datant de l'Age du Bronze, et même des résidus de faisselle (!).
De très intéressants chemins en balcon permettent de longer ces gorges depuis les hauteurs. Ils sont cependant très caillouteux et donc réservés à des randonneurs équipés de bonnes chaussures. Il est aussi possible de  parcourir cette rivière à bord d'embarcations à rames, telles que des canoës.

La commune de Baudinard mérite bien une petite visite car elle offre aux amoureux de patrimoine et de nature quelques beaux exemplaires tels que les ruines du son vieux château, la chapelle N-D et un panorama assez incroyable sur le lac de Sainte-Croix et les montagnes dominant le Verdon.

 

Aux abords d’Artignosc

Sur les communes de Montpezat, Artignosc et Saint-Laurent, le Verdon se fait alors plus docile, alternant passages dans de belles petites gorges et étalement dans de larges bassins à la surface immobile. Ici, nous sommes à l’opposé du chaos que connait le torrent lorsqu’il traverse son canyon plus en amont.
Ce secteur nous apparait tout de suite plus intime et moins spectaculaire que le lac de Sainte Croix près du pont du Galetas ou de Quinson. Mais aussi moins fréquenté, plus proche de la nature.

Des circuits de balade faciles et intéressants permettent de passer une belle journée au bord de l’eau et dans la campagne. La commune d’Artignosc a mis en place deux petits itinéraires mettant en valeur son patrimoine. Le plus intéressant se nomme « le chemin de l’eau » qui consiste en une boucle de 2h qui part du centre du village. Depuis le parking, on peut voir la vieille source lavoir qui alimentait la commune avant le XVIIIè s. Au-dessus du parking se trouvait jadis le parc du château, où se dresse encore une vieille fontaine en partie assaillie par la végétation.

Notre chemin balisé descend vers le Verdon en passant près d’un ancien moulin hydraulique du XVIIè s. (moulin de Vallefont, pas très bien indiqué si on n’y fait pas attention). On y voit encore une meule à grain. L’eau tombait en une petite cascade derrière une colonne de maçonnerie et actionnait une route à aubes, elle-même faisant tourner la meule. Cette eau provenait d'une source située loin de l'autre côté du village. Elle traversait et irrigait celui-ci via un canal, alimentait aussi un moulin près du château, puis ressortait et finissait à Vallefont. Face à ces ruines, par-delà le ravin encaissé de Sous-Ville, on aperçoit un éperon rocheux, nommé Saint-Estève. C’est à cet endroit que se trouvait le village médiéval d’Artignosc avant qu’il ne déménage à son emplacement actuel plus propice au développement démographique et économique. Cette position, facile à défendre, a été occupée depuis l’époque protohistorique où un oppidum s’est ensuite transformé en castrum au Moyen-Age. On peut y voir encore les restes très timides de l’ancienne église, un fossé de protection et quelques murs très arasés.
Le chemin se poursuit en direction du Verdon pour rejoindre rapidement un belvédère, puis continue en longeant le torrent jusqu’au pont, avant de remonter au village par la campagne.

Si vous trouvez cette balade trop courte, qu’à cela ne tienne : transformez-la en petite randonnée de 4h et traversez le pont. Rejoignez le paisible village de Saint Laurent, puis suivez vers le nord-est le chemin balisé PR en jaune au milieu des lavandes qui vous fera ensuite redescendre le Verdon par un superbe sentier en balcon le long du Coteau Chiron. Rejoignez ensuite le lac, puis de nouveau le pont et finissez la balade en reprenant le « chemin de l’eau » qui vous remontera à Artignosc.

Vous vous retrouverez enfin entre le château et l’église. Tous deux vraisemblablement édifiés au XIVè s., mais le château a été fortement remanié par les générations de propriétaires successives pour nous apparaitre tel qu’il est actuellement (c’est-à-dire dans style cubique massif du XVIIè s.). L’église mérite une visite car elle abrite un patrimoine intéressant. Sous son autel repose Antoine de Thoron, seigneur d'Artignosc à partir de 1654 et conseiller au Parlement de Provence. Le château restera dans cette famille jusqu'à la révolution. Durant le Moyen-Age, la seigneurie appartenait aux Pontevès.

Notons au passage que le toponyme de la commune semble trouver son origine dans le gentilice gallo-romain "Artinius" (dérivé du gaulois "artos" ours) et du suffixe ligure "-oscu". Présence d'anciennes fermes gallo-romaines aux Estrilles et Pampelonne.

Un petit mot sur la Pierre aux Trois Blasons. Elle se situe à 3km à vol d’oiseau au nord du bourg d’Artignosc. Et l’on peut l’atteindre par la petite route qui remonte le Verdon en passant devant le camping de l’Eouvière. Ce gros bloc calcaire a été posé à cet endroit précis (aujourd’hui au beau milieu d’un bosquet un peu à l’écart de la voie), aux confins des trois communes d’Artignosc, Montpezat et Baudinard, en 1743 semble-t-il, pour servir de borne. Il faut savoir qu’un différend opposait les habitants qui avaient tendance à se servir (bois, pâturage,…) un peu trop souvent sur la commune voisine en raison de l’absence de limites bien définies. Une procédure judiciaire fut engagée, qui dura quelques années, et aboutit par la pose de cette pierre. On peut y voir l’étoile à 16 branches des Blacas de Montpezat, le chien surmonté de 3 besants des Thoron d’Artignosc, et le lion des Sabran de Baudinard.

 

Quinson, histoire d'eau et Préhistoire

Passé les communes d’Artignosc et de Saint Laurent, le Verdon poursuit avec langueur sa route, presque sans se mouvoir, jusqu’à venir s’immobiliser contre l’arc du barrage de Quinson. La grotte de Baume Bonne, située juste en amont de cet ouvrage, est le théâtre de fouilles très intéressantes. Son occupation remonte probablement à plus de 300 000 ans. La partie constituée d'un vaste abri sous roche servait de lieu de vie, cependant que le fond, c'est à dire la grotte elle-même, vaste cathédrale, était réservé comme bien souvent à des activités d'ordre spirituelles. Des visites y sont organisées, se renseigner auprès du musée de Quinson.

Sur les berges après le barrage, on peut voir une reconstitution d’un village préhistorique, avec ses huttes, son dolmen, ses ateliers,… Des animations y sont proposées à certaines périodes de l’année, pour les petits et les grands. Là aussi il faut se renseigner au magnifique musée de la préhistoire qui retrace l’évolution de la vie sur Terre depuis ses origines en mettant l’accent sur la période de la préhistoire de la région de Quinson, grâce à la mise en valeur des nombreuses trouvailles issues des fouilles archéologiques effectuées dans les grottes alentours.

Le village de Quinson mérite un coup d’œil : on y trouve par endroit les remparts percés de vieilles portes de fortifiées, quelques belles portes Renaissance. On notera surtout la présence de nombreuses  fontaines ouvragées érigées au XIXè s., lorsque le canal du Verdon fut creusé et que dans le même temps la commune bénéficia d’un plan d’amélioration de l’adduction d’eau, illustrant ainsi l’importance soudaine que connut cette ressource naturelle pour les habitants.

Du vieux Quinson, village primitif perché sur les étroites hauteurs surplombant le torrent, il ne reste pratiquement rien parmi les buissons et les rochers, si ce n’est deux murs gouttereaux très dégradés de ce qui semblait être l’église. Il a été abandonné au cours du XVè s. au profit de la plaine en contrebas plus accueillante. Reste le panorama plutôt sympa sur le Verdon, le plateau de Valensole, quelques sommets enneigés des Alpes, le Haut Var,… Plusieurs chemins y montent, tous assez rocailleux.

L’ancien canal du Verdon a été réalisé entre 1866 et 1878 dans le but de fournir en eau la région d’Aix. Le canal suit le Verdon depuis sa prise à Quinson, puis l’abandonne en face d’Esparron pour filer vers le sud-ouest par des galeries, des aqueducs et des gros tuyaux de surface. Il passe près de Ginasservi, Rians et se divise en approche d’Aix. Ce fut un chantier assez colossal, en très grande partie réalisé par des bagnards. Les guerres mondiales et le manque d’entretien de la part des sociétés concessionnaires participèrent à sa lente dégradation. Dans les années 1950, on se rendit compte qu’il ne pouvait plus assurer un approvisionnement suffisant pour une région dont les besoins ne cessaient d’augmenter. En 1969 fut mis en service le Canal de Provence qui peu à peu remplaça le vieux canal du Verdon qui fut définitivement fermé en 1980.

La partie creusée sur 8km le long du Verdon alterne entre passages ciel ouvert et tunnels. De nos jours, seule une petite section a été aménagée pour permettre aux randonneurs de l’arpenter dans une relative sécurité. L’itinéraire débute au niveau du pont de Quinson, sur la rive gauche. On commence à fleur d’eau, puis on s’élève un peu pour passer dans le canal. Alors, sur 3 km, le cheminement se fait sur le muret, en surplomb du canal d'un côté et du Verdon de l'autre. Certains passages sont assez étroits et il faut faire attention lorsqu'on se croise. Au bout d’un gros km, il est possible de quitter le canal pour monter sur le plateau et retourner au point de départ par un large chemin (boucle de 5 bons km). Les plus aventureux continueront encore 2km, avec passage dans un tunnel (lampe fortement conseillée car il est long, caillouteux et humide) ; puis l’itinéraire quitte le canal pour s'insinuer dans de magnifiques étroites gorges, avant de s’élever en direction de la chapelle Sainte Maxime posée sur un éperon. Le chemin balisé ramène ensuite au pont à travers le plateau (boucle totale de 10km).

A côté

Les sites à visiter sont nombreux :

. la chapelle N-D de Baudinard et son panorama
. les villages de Baudinard, Montpezat, Artignosc et Saint Laurent, pour leur tranquillité et leur charme
. le magnifique musée préhistorique de Quinson, et la reconstitution du village préhistorique
. les petits lacs qui invitent au pique-nique
. les bases nautiques où l'on peut louer des embarcations à rames pour découvrir les basses gorges du Verdon au raz de l'eau

Un peu de marche

Bien sûr les circuits de balade à Quinson et Artignosc décrits plus haut.
Mais aussi les sentiers des gorges de Baudinard qui, n'étant pas ou très mal balisés, demandent de savoir lire une carte topographique et de se repérer afin de ne pas se perdre.

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Claire, le 01 juin 2020

J'y suis allée hier dimanche. je n'ai jamais vu autant de monde !! effet du déconfinement oblige. Je reviendrai en automne, et pas en week-end pour mieux profiter de ce site fabuleux. Merci pour les descriptions, l'historique et les belles photos.

Cher(e) Claire, C'est vrai qu'à partir du mois de mai, ce site est trop fréquenté le week-ends. Et on voit beaucoup trop de promeneurs mal équipés, mal préparés, qui risquent de se faire mal, car certains endroits ne sont pas commodes.

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