Le vieux Nans

Nans-les-Pins


Nans-les-Pins est une petite bourgade située au sud de Saint-Maximin et au nord de la Sainte Baume, en bordure de la route reliant Brignoles à Auriol.

Pour monter au vieux Nans, il faut se rendre à la chapelle de la Miséricorde, située à l'extrème ouest du bourg en empruntant la rue du vieux Nans ou la rue de l'Eglise. De là, un sentier balisé monte au Vieux Nans.

Attention : le site du castrum a été en partie aménagé (excellente initiative !). Les chemins sont très rocailleux, et tous en pente. Ne pas s'y rendre en sandales ou en chaussures de ville, mais de préférence en chaussures de rando/trail ou baskets avec de bonnes semelles adhérentes. Attention avec les enfants. De plus, il est très fortement déconseillé de quitter les chemins et passer par-dessus les barrières, clôtures et branchages pour accéder aux autres ruines, notamment le château et l'église, car ces bâtiments n'ont pas été sécurisés et donc restent très dangereux.

Qu'est-ce donc ?

Le nom de Nans est probablement d'origine pré-indo-européenne, dérivé du suffixe hydronymique -ONA, en référence aux cours d'eau importants (l'Huveaune et le Cauron)  qui naissent tout près puis sinuent aux pieds des éminenses coiffées d'oppida de l'époque pré-romaine.

 

Préhistoire et proto-histoire de Nans

La présence de l'Homme en ce lieu est attestée dès le néolithique (-6000 av J-C). Les habitants de la région entretenaient une relation particulière avec la montagne de la Sainte Baume, qu'ils consédéraient comme sacrée, voire une divinité à part entière. Son orientation suivait la course du soleil, son altitude impressionnait, ainsi que son climat sévère ; la foudre qui tombait sur son sommet pouvait être perçue comme un manifestation divine. Ses cavités (grottes, avens) étaient autant de portes ouvertes vers d'autres mondes, autant de lieux d'offrandes et de sépultures pour les personnages de haut-rang de l'époque. Cette vénération se retrouvait aussi à vis-à-vis des cours d'eau, notamment les deux grandes sources de l'Huveaune et du Cauron qui jaillissaient des entrailles de la terre-mère.
En fonction de l'évolution du climat (sècheresses ou humidité prolongées), les habitats se déplaçaient entre le plateau au pied de la Sainte Baume et les vallées irriguées plus bas.
Des tumuli à offrandes et sépulcraux ont été découverts un peu partout au pied de la montagne.
Des places fortes (oppida) fleurissent un peu partout dès la fin de l'Age du Bronze (-1000 av J-C), puis durant l'Age de Fer. A Nans, un oppidum ligure, a été aménagé sur l'éperon de Sainte-Croix. La population croissante, l'insécurité et l'amélioration des techniques agricoles poussèrent les gens à préférer habiter près des plaines fertiles et des oppida.

 

Le château des vicomtes de Marseille et des moines de Saint Victor

Le château est érigé sur une étroite arête rocheuse, orientée sud-ouest / nord-est, tandis que le village est étagé en contrebas sur les versants est et sud de la colline. L'accès principal se faisait par une porte fortifiée à l'est. Un petit chemin gravissait au nord la falaise et gagnait une petite porte non loin du château.

Le plus ancien acte témoignant de l'existance de la communauté de Nans remonte à la fin du VIIIè s. lorsque Siegfried, vicomte de Marseille, donne une partie de ses terres, dont Nans, à l'abbaye de Saint Victor. Malheureusement, les documents relatant l'histoire de ce castrum sont très rares. La construction du château semble bien plus tardive.

Des rivalités opposèrent un temps les vicomtes de Marseille aux moines de Saint Victor, concernant la propriété de la seigneurie. Ces derniers entreprirent ensuite d'améliorer le caractère défensif du château, notamment en érigeant une enceinte autour du bourg et une tour à côté de la chapelle castrale (dédiée à Saint Léonce ?). Cette dernière fut détruite par un incendie, et remplacée par une église (dédiée à saint Sébastien) probablement au XIIè s. Plus allongée, elle s'étirait depuis le mur oriental du château et venait coller son chevet à la tour.

 

Nans se développe à la faveur du pèlerinage de la Sainte Baume

Le bourg, enserré dans les murailles prit rapidement de l'ampleur. Si bien qu'un faubourg se développa au-delà des, et une partie des habitants dû se déplacer pour aller grossir la communauté installée dans la plaine au pied de la colline, près de l'eau.

A la fin du XIIIè s., se développa le pèlerinage de la Sainte Baume, grâce à la découverte du tombeau de Marie-Madeleine. A la toute fin du XIVè s., on aménagea une voie, dite "Chemin des Roys" permettant de monter à la Sainte Baume depuis la vallée de l'Huveaune ou Nans sans passer par le Plan d'Aups, faisant gagner aux pèlerins un précieux temps. Nans profita grandement de ces pèlerinages en tant que ville d'étape.
C'est aussi durant cette période que les seigneurs de Nans décidèrent d'ériger une nouvelle muraille (mais plus fine) enserrant le faubourg qui s'était développé entre-temps.

 

Raymond de Turenne et les Guerres de religions

Au XIVè s., la situation s'était gravement dégradée en Provence en raison des conflits qui éclatèrent lors de la succession de la reine Jeanne. Dans un premier temps, on vit s'opposer le roi de Naples Louis Ier (comte de Provence) à Charles de Duras, tous deux prétendant être héritiers de la reine. Puis le deuxième conflit mit en scène Louis II (nouveau roi de Naples et fils de Louis Ier) et le seigneur des Baux Raymond de Turenne à qui il venait de retirer tous les avantages que la reine Jeanne lui avait octroyés. On poussa alors les habitants à délaisser leurs maisons de la plaine pour venir s'installer à l'intérieur des remparts.
Au siècle suivant, le calme revenu, les gens retournèrent près des champs, des cours d'eau et de la voie de pèlerinage, où la vie était plus agréable et lucrative que dans ce castrum devenu trop exigu pour une telle population.

Au XVIè s. l'église connait un remaniement, peut-être à vocation militaire et défensive, car les Guerres de Religions n'épargnèrent pas la Provence. Des troupes de Ligueurs (menées notamment par Hubert de Vins) et des troupes de Protestants assiégeaient les bourgades désignées ennemies. De plus, les armées du Roi de France, commandées par le Gouverneur de Provence, avaient pour mission de "pacifier" la région en s'attaquant tantôt aux unes tantôt aux autres. Le castrum est détruit à la fin du XVIè s. (probablement en 1578), par une troupe de huguenots.
Les habitants abandonnèrent le castrum pour rejoindre la communauté déjà s'installée dans la plaine et y développer leur nouveau bourg (quartier du Perron d'abord). Le castrum servit de carrière pour les nouvelles maisons et on convertit une partie des espaces désertés en terrasses de cultures.

Durant l'épidémie de peste de 1720, le castrum en ruines servit de refuge pour les gens interdits d'entrer dans Marseille.

La chapelle des Pénitents (N-D de Miséricorde) est construite en 1623. C'est depuis son parvis que débute le Chemin des Rois. C'est aussi par là que passe le sentier balisé qui monte aux ruines du Vieux Nans.

A côté

Meynarguette

De nos jours, il ne reste de cette communauté qu'un nom inscrit sur les cartes IGN, perdu au milieu de tant d'autres et d'un enchevètrement de pistes, de sentiers et de limites de domaines forestiers à l'est du massif de la Sainte Baume. Sur cette colline, aujourd'hui insignifiante, à moitié dégarnie par les exploitations forestières, se trouvait jadis un castrum médiéval. Le château coiffait l'éminense, cependant que les habitations s'étageaient sur le versant sud. Une église (dédiée à Saint Antoine) se dressait à l'extrémité est. La communauté comptait plusieurs dépendances au sud de la Sainte Baume (Riboux, Maulnes,...). Dès le Xè s., elle fut donnée par les vicomtes de Marseille à l'abbaye de Saint Victor. Meynarguette avait pour richesse ses nombreuses sources dont elle concédait la jouissance aux communes alentours moyennant finance.

Durant les guerres de religion, à la fin du XVIè s., le duc d'Epernon, gouverneur de Provence, fut chargé de mettre fin aux véléités de la Ligue et sécuriser la région contre les prétentions du Duc de Savoie. Il assiégea plusieurs bourgades, dont Meynarguette que des Ligueurs avaient investie comme place forte. Une tour (dite "d'Epernon") située plus au sud témoigne de cette entreprise de "pacification".

Au début du XIXè s., le village lui-même est déserté depuis longtemps, et ses plus belles pierres de taille ont été réemployées dans différentes constructions alentours. La petite centaine d'habitants résident dans les fermes voisines (Latay, Fontmauresque, Fonfrède,...). Le terrain très accidenté et pauvre, et un bourg en ruines ne permettaient pas un développement suffisant autour d'un noyau urbain. La commune ne put durer ainsi, il fallut la rattacher à l'une de ses voisines. Mais laquelle ? Mazaugues, Signes, Nans ? En 1839 le Conseil Général du Var décida de l'intégrer à Mazaugues, sans tenir compte des avis des habitants recueillis lors d'enquêtes publiques.

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